
Premier safari,
bébé rhinocérosMosi-oa-Tunya au lever du jour
Notre tout premier safari en Afrique — 2018, Zambie, Mosi-oa-Tunya. Au bout de la première heure de jeep, une mère rhinocéros blanc et son petit. Le premier bébé rhinocéros né en Zambie depuis des années. On ne savait pas encore que les safaris ça commence souvent comme ça.
Mosi-oa-Tunya est le plus petit parc national de Zambie — 66 km² coincés entre Livingstone et le Zambèze. C’était notre tout premier safari en Afrique, en 2018. On ne savait pas trop à quoi s’attendre. On a vite compris.
Ils ont failli ne jamais exister ici. Les rhinocéros ont été chassés et braconnés jusqu’à l’extinction totale en Zambie dans les années 80. Au milieu des années 2000, deux spécimens ont été transférés depuis l’Afrique du Sud. Depuis, la population a grandi naturellement : une petite population gardée en permanence par des rangers armés de la Zambia Wildlife Authority — une surveillance nécessaire face au braconnage pour la corne.
« En moins d’une heure de piste, une mère rhinocéros et son petit à quelques dizaines de mètres. Le premier bébé rhinocéros né en Zambie depuis des années. C’est comme ça que commencent les safaris en Afrique. »
La matinée avait commencé avant l’aube sur la terrasse du Victoria Falls Waterfront, avec pour seule compagnie les hippos au milieu du Zambèze, des ibis hagedash sur les berges et des martins-pêcheurs sur les branches basses. Les singes vervets se baladaient dans les arbres au-dessus de nos têtes. La mise en scène était déjà parfaite avant même d’avoir quitté le camp.
Douze rhinocéros,
toute une histoire
Le rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) est la plus grande des deux espèces de rhinocéros africains — et paradoxalement, la moins menacée. En Zambie pourtant, il a failli disparaître définitivement : la chasse coloniale puis le braconnage pour la corne ont éradiqué toute la population nationale avant la fin des années 80.
La réintroduction de 2007 a été un pari. Quatre individus transférés depuis l’Afrique du Sud, placés dans un parc minuscule à la périphérie d’une ville, sous surveillance armée permanente. Le pari a réussi : douze rhinocéros en 2024, plusieurs nés dans le parc, dont certains veaux observés par les visiteurs. La population est considérée comme stable et en bonne santé.
Ce qui est remarquable dans la démarche de Mosi-oa-Tunya, c’est l’intégration de la conservation dans le tourisme. Chaque safari contribue directement au financement des rangers anti-braconnage. Les rhinos sont suivis quotidiennement par les équipes du parc — sans GPS sur les animaux, les rangers observent et notent leurs déplacements chaque matin pour orienter les chauffeurs-guides.
Le rhinocéros blanc est dit « blanc » non pas par sa couleur — il est gris — mais par déformation du mot afrikaans wijd (large), référence à sa lèvre supérieure large et carrée, adaptée au broutage à ras du sol. Contrairement au rhinocéros noir (plus agressif, lèvre en crochet pour brouter les feuilles), le blanc est généralement plus placide — ce qui rend l’approche à pied possible, avec les précautions d’usage.
Rhino blanc vs rhino noir
La matinée,
minute par minute
Le safari de Mosi-oa-Tunya se fait en jeep au lever du jour — deux heures à travers la brousse riveraine du Zambèze, sans croiser le moindre autre véhicule. Une matinée qu’on a reconstituée ci-dessous, quasi minute par minute, parce qu’elle mérite ce traitement.
La mère et son petit — le premier bébé rhinocéros blanc né en Zambie depuis des années. On est restés un bon moment sans dire un mot.
La faune
du parc
Mosi-oa-Tunya est un parc sans grands prédateurs — pas de lions, pas de léopards. Ce qui rend la faune herbivore moins stressée et les observations très constantes. Au milieu du parc, un détail historique inattendu : les ruines de l’Old Drift, premier établissement européen de la région. Après que de nombreux habitants aient succombé à la malaria — attribuée à tort à des acacias voisins désormais appelés fever trees — ils s’installèrent plus en hauteur et fondèrent Livingstone.