
Zambiel’Afrique sauvage, encore intacte
Des millions de chauves-souris au-dessus de Kasanka aux léopards de South Luangwa, de la plus grande migration de gnous d’Afrique à Liuwa aux cérémonies royales Lozi sur le Zambèze — la Zambie est l’une des dernières destinations africaines où l’on voyage encore sans foule.
La Zambie est la destination africaine que les voyageurs qui ont déjà fait le Kenya ou la Tanzanie finissent par choisir quand ils cherchent quelque chose de différent. Pas de minibus en file devant un lion, pas de routes asphaltées jusqu’au lodge, pas de foules. Juste la brousse, des guides à pied, et une faune qui se comporte comme si elle n’avait jamais vu d’humains.
C’est en Zambie, dans la vallée du Luangwa dans les années 1960, que Norman Carr a inventé le walking safari — l’idée radicale qu’on pouvait observer les animaux à pied, sans véhicule, avec un seul guide armé. Cette approche reste l’ADN du tourisme zambien : plus lent, plus attentif, plus immersif. Le pays n’a pas la célébrité du Kenya ou de l’Afrique du Sud, et c’est précisément ce qui le rend extraordinaire.
« La Zambie est un pays qui donne l’impression d’être un secret — et qui le restera probablement, parce que les gens qui le découvrent n’ont pas envie d’en parler trop fort. »
Des millions de chauves-souris rousses qui obscurcissent le ciel de Kasanka. Une migration de gnous que personne ne connaît à Liuwa Plain. La cérémonie royale Kuomboka sur le fleuve Zambèze. Le festival Mutomboko du peuple Lunda. La Zambie est un pays où les phénomènes les plus spectaculaires du continent se produisent loin des foules — et c’est un privilège rare.
Les parcs,
cœur de la Zambie
Six parcs qui couvrent des paysages et des expériences radicalement différents — des plaines inondées de l’ouest aux vallées léopardées de l’est, des rivières du Zambèze aux forêts de chauves-souris du centre.
Le joyau de la Zambie — surnommé la Vallée des Léopards, c’est l’un des meilleurs parcs de l’ensemble du continent africain pour observer les grands félins en journée. C’est aussi là qu’est né le walking safari dans les années 1960, et la pratique reste la manière la plus intime d’explorer la brousse.
La rivière Luangwa, épine dorsale du parc, attire d’immenses troupeaux d’éléphants, des hippopotames en nombre, des crocodiles, des buffles. Espèces endémiques : la girafe de Thornicroft (nulle part ailleurs), le gnou de Cookson et le zèbre de Crawshay. La densité de léopards est parmi les plus élevées du monde.
L’un des plus grands parcs naturels d’Afrique — 22 000 km², soit deux fois la taille de South Luangwa — et pourtant quasi inconnu des touristes. Cette rareté est précisément ce qui le rend remarquable : des kilomètres de brousse vierge, sans trace de visiteurs.
Les Busanga Plains au nord sont le cœur du parc — une plaine inondée qui se couvre de lions, de lycaons, de sitatungas et de guépards dès la saison sèche. Kafue est l’un des rares endroits au monde où observer régulièrement des guépards sauvages. La richesse ornithologique est aussi exceptionnelle : 400+ espèces.
Le parc des safaris aquatiques — sur la rive nord du Zambèze, face au parc de Mana Pools au Zimbabwe. Ici, les game drives se font aussi en canoë ou en bateau, en glissant entre des hippopotames à demi-submergés et des crocodiles sur les berges.
Les éléphants se déplacent dans les forêts riveraines d’albidas — des acacias géants qui poussent sur les rives — et la concentration de faune au bord du fleuve pendant la saison sèche est spectaculaire. Le tigerfish (poisson tigre) du Zambèze est un graal pour les pêcheurs à la mouche.
Le plus petit parc de Zambie — et l’hôte du phénomène naturel le plus spectaculaire du continent. Entre octobre et décembre, 8 à 10 millions de roussettes de Wahlberg (chauve-souris frugivores) arrivent du Congo pour se nourrir des fruits sauvages de la forêt de Kasanka. Le ciel s’obscurcit littéralement à l’aube et au crépuscule.
C’est la plus grande migration de mammifères au monde — devant le wildebeest du Serengeti en nombre d’individus. Des plateformes d’observation ont été aménagées dans les arbres de la forêt de Mushitu. Le parc est géré par le Kasanka Trust, ONG privée, et reste extraordinairement peu visité.
La migration de gnous la plus méconnue du monde. Chaque année entre novembre et janvier, 45 000 gnous parcourent les plaines de Liuwa dans l’ouest du pays — la deuxième plus grande migration de gnous d’Afrique après le Serengeti/Masai Mara, et sans un seul autre safari vehicle en vue.
Le parc est géré depuis 2003 par African Parks en partenariat avec la royauté Lozi. Plus de 12 000 Lozi vivent légalement dans le parc — une cohabitation rare et instructive. En avril, la cérémonie Kuomboka voit le roi Litunga quitter la plaine inondée en pirogue royale pour rejoindre les hautes terres.
Mosi-oa-Tunya — « La fumée qui gronde » en langue Kololo. Les chutes Victoria sont l’une des Sept Merveilles naturelles du monde : 1 700 mètres de large, 108 mètres de haut, le plus grand rideau de chutes du globe. La brume se voit à 50 km.
Le parc protège aussi une population de rhinocéros blancs — les seuls rhinocéros en Zambie avec ceux de North Luangwa. Livingstone, la ville adjacente, est la base des activités d’aventure : raft sur le Zambèze, vol en ULM au-dessus des chutes, saut en tyrolienne, safari en canoë.
Un des sites ornithologiques les plus importants d’Afrique — des milliers de km² de zones humides autour du lac Bangweulu. L’oiseau star est le shoebill stork (bec-en-sabot du Nil) — une des espèces les plus étranges et les plus rares du continent, avec son bec préhistorique en forme de sabot.
Immenses troupeaux de buffles noirs (black lechwe, endémiques), grues caronculées, aigrettes, cigognes. Le paysage — ciel et eau qui se fondent à l’horizon — est d’une beauté particulière, différente de tout le reste du pays.
Le seul endroit en Zambie — avec Mosi-oa-Tunya — où vivent des rhinocéros noirs, réintroduits en 2003 après avoir été exterminés par le braconnage. Le parc est plus sauvage et plus reculé que South Luangwa, accessible presque exclusivement en walking safari.
C’est l’unique endroit en Zambie où les cinq membres du Big Five peuvent tous être vus. Le parc est resté volontairement exclusif et peu développé — idéal pour les voyageurs expérimentés qui cherchent une véritable immersion.
Un domaine colonial planté au milieu de nulle part dans le nord de la Zambie — une demeure de style Tudor construite en 1914 par l’excentrique aristocrate britannique Stewart Gore-Browne au bord du lac Shiwa. Ses descendants y vivent encore.
Un arrêt insolite et fascinant sur la route vers Kasanka ou Bangweulu — l’histoire coloniale zambienne dans toute son ambivalence, racontée par les habitants du domaine eux-mêmes.
Festivals
et cérémonies royales
La Zambie est un pays de cérémonies — certaines parmi les plus spectaculaires et les moins touristifiées d’Afrique. Deux en particulier méritent qu’on organise son voyage autour d’elles.
Chaque année en mars ou avril, quand les pluies font monter le niveau de la plaine inondée Barotse, le Litunga — le roi du peuple Lozi — quitte sa résidence de plaine à Lealui pour rejoindre les hautes terres à Limulunga. Le voyage se fait en pirogue royale, la nalikwanda, ornée d’une sculpture en forme d’éléphant noir et blanc, accompagnée d’une flottille de centaines de pirogues.
La cérémonie dure deux jours, avec des chants, des tambours et les rituels du déménagement royal. C’est l’un des événements culturels les plus authentiques et les moins touristifiés d’Afrique subsaharienne — les foules sont locales, pas internationales.
Le festival royal du peuple Lunda — célébré chaque dernier weekend de juillet à Mwansabombwe (anciennement Kawambwa), dans la province de Luapula. Le Mwata Kazembe, souverain Lunda, commémore la victoire de ses ancêtres sur un peuple rival lors d’une cérémonie de deux jours.
Danses guerrières, costumes traditionnels, offrandes rituelles et processions royales — le Mutomboko est l’un des festivals royaux les plus vivants de Zambie. Il attire des Lunda de toute la région des Grands Lacs. Très peu de touristes occidentaux.
Notre recommandation — la cérémonie Lwiindi du peuple Toka Leya près des chutes Victoria. Chaque août, les descendants du chef Mukuni rendent hommage aux ancêtres avec des danses traditionnelles, des sacrifices rituels et des célébrations communautaires.
Combinable facilement avec une visite des chutes Victoria et un safari au parc de Mosi-oa-Tunya. Une immersion culturelle rare à deux pas d’une des destinations les plus visitées d’Afrique.
Trois phénomènes
à nulle part pareils
10 millions de roussettes de Wahlberg arrivent du Congo pour se nourrir des fruits sauvages dans un hectare de forêt de Kasanka. Le phénomène se produit à l’aube et au crépuscule — le ciel s’obscurcit littéralement. C’est la plus grande migration de mammifères sur Terre par le nombre d’individus, devant le wildebeest du Serengeti.
45 000 gnous parcourent les plaines de Liuwa chaque saison des pluies — la deuxième plus grande migration de gnous d’Afrique après le Serengeti/Masai Mara. La différence : pas un seul autre minibus de touristes en vue. La migration se déroule dans un quasi-total anonymat, sous les yeux d’une poignée de voyageurs qui ont fait le chemin.
Le plus grand rideau de chutes au monde — 1 700 mètres de large et 108 mètres de haut. En avril au pic des crues, le débit est si intense que la brume est visible à 50 km et qu’on ne voit quasiment rien des chutes elles-mêmes, noyées dans la vapeur. La Zambie offre la vue depuis le haut des chutes, le Zimbabwe depuis le bord — les deux sont nécessaires.